jeudi 21 octobre 2010

A Guise, ville du Familistère Godin, manifestation du 19 octobre pour les retraites


Manifestation du 19 octobre, à l'initiative des syndicats de métallos en grève de la ville de Guise (Godin, Majencia) contre la réforme des retraites promue, sans négociation ni concertation, par le gouvernement Sarkozy. La manifestation qui salue au passage Jean-Baptiste André Godin et son utopie, est rejointe par une partie des lycéens et des habitants de la ville. 500 manifestants c'est du jamais vu, de mémoire d'homme (et de femme), dans cette ville de 6000 habitants, depuis 1968. Le reportage photographique est de Michel Mahieux. La bande son, "la grève de l'orchestre" par l'orchestre de Ray Ventura et ses collégiens,  est empruntée à un CD de chansons de l'époque du Front Populaire édité par Frémeaux & associés. Je vous recommande ces deux CD, un régal de bonne humeur pour l'oreille ! Et c'est un éditeur qui fait un travail magnifique.

mardi 5 octobre 2010

Comment se procurer le supplément de Libération sur le Familistère de Guise et Jean-Baptiste André Godin, non distribué en province ?

Supplément gratuit distribué en Ile-de-France par le journal Libération le jeudi 30 septembre 
sur le Familistère de Guise

Plusieurs amis, sachant que j'étais à Paris à la fin de la semaine passée, m'ont demandé de leur procurer ce supplément gratuit distribué le  30 octobre par le journal, uniquement en Ile-de-France. Je l'ai fait bien volontiers car je sais d'expérience que les kiosquiers conservent assez souvent quelques jours ces suppléments qu'ils ne sont pas forcément tenus de retourner comme invendus puisqu'ils sont gratuits.
J'ai aussi constaté qu'une rumeur courrait dans l'Aisne que Libération n'avait pas fait son travail en ne diffusant pas ce supplément hors de la région parisienne. J'ai fait une petite enquête à ce sujet et il se révèle que cette rumeur est infondée. Tout d'abord ce supplément remarquable de 80 pages n'est pas une production rédactionnelle de Libération. C'est une production du Conseil Général de l'Aisne qui a simplement acheté un espace de diffusion à Libération et la décision de limiter cette diffusion à la région Ile-de-France est un choix (sans doute budgétaire) du seul département. Comme cette affaire fait beaucoup de bruit, si j'en crois les courriels que je reçois à ce sujet, il me semble équitable de dire ce qu'il en est. Libération reconnaît avoir commis un impair en n'annonçant pas cette diffusion restreinte dans le petit encart annonçant cette parution au début de la semaine dernière, ce qui a suscité semble-t-il pas mal de frustrations ...et cette rumeur qui désigne Libération comme bouc émissaire.


On me dit à Libération que l'afflux des demandes est tel que le département de l'Aisne a décidé d'envoyer gracieusement cette brochure à tous ceux qui en font la demande par courriel à l'adresse électronique suivante :
missionfamilistere@cg02.fr

Postscriptum : le service du Conseil Général qui est l'éditeur de cette brochure me prie, ce que je fais bien volontiers, d'ajouter les précisions suivantes : Cette publication sera mise à disposition des habitants de l’Aisne en différents lieux d’ici une quinzaine de jours.
On pourra la trouver dans les CIPAS, dans trente bibliothèques du département grâce au concours de la Bibliothèque départementale de prêt, dans les OTSI de Laon, Saint-Quentin et Thiérache, au Familistère de Guise (cela va de soi), à la Caverne du Dragon-Musée du Chemin des Dames. La logistique est en cours : liste complète d’ici peu sur le site
www.aisne.com <
http://www.aisne.com/>

dimanche 12 septembre 2010

Jour de fête au village et "cramignons" : ne fermez pas vos poulaillers !

Il y a une semaine je ne savais pas ce qu’était un « cramignon ». J’étais le 15 et 16 août à Liège jour de la grande fête de « Roture », le quartier populaire d’Outre-Meuse, le quartier le plus populaire (ancien faubourg inondable) de la ville. Je vous en reparlerai car j’ai ramené de ces journées 2 heures de « rushes » dont je ferai un documentaire cet hiver. Un air joué par une fanfare m’avait intrigué car c’était un des moments de transe des festivités de clôture de cette fête (le 16 août où l’on enterre « Matî l'Ohê» (Mathieu l’os, en wallon), le public en chantait les paroles que je comprenais mal. J ‘avais juste retenu le début des paroles « tant qu’il y aura… ». Une recherche sur internet m’a conduit aux fêtes des Cramignons, où cet air est souvent chanté et joué. Alors les Cramignons, c’est une fête que la jeunesse (principalement les jeunes couples mais personne ne semble exclu) se donne en dansant dans les rues des villages de la Basse Meuse durant plusieurs jours.

La Basse Meuse ce sont les confins du plateau de Herve (qui produit un fromage qui ne s’oublie pas), sur la rive droite de la Meuse entre Liège et Maastricht. Le beau film qu’a déposé MissAlive (merci à elle) sur Youtube et que je vous donne à voir a été tourné lors de la nuit de clôture du Cramignon du village de Saive. C’est la « flambée de la mascotte ». Moment où, comme souvent dans les traditions carnavalesques, la fête se termine par l’enterrement parodique et symbolique de la fête (l’enterrement de Matî l’Ohê, à Liège, le 16 août, a la même signification). C’est souvent, dans ces fêtes, le moment le plus intime, celui où les touristes sont repartis et où les acteurs des festivités se donnent à eux-mêmes un moment de transe collective : le bouquet final de la fête.

Il est possible que les paroles de la chanson qui est reprise par le public fassent rire jaune les féministes qui ont oublié de lire Rabelais (on dit que les Cramignons remontent au 16ème siècle) car la métaphore des coqs et du poulailler n’est pas « politiquement correcte » même si la suite des paroles s’éloigne un peu de l’humour machiste.
« Tant qu'il y aura des coqs dans un village
Il y aura des poules à surveiller
Des ptits oiseaux sortiront des cages
Pour écouter le rossignol chanter
Si de l'amour vous craignez les ravages
Dites-vous bien, fermant vos poulaillers
Tant qu'il y aura des coqs … »
Bien entendu, dans le film de MissAlive, le tournage de nuit, la danse des flambeaux, donnent une force particulière à l’évènement filmé. Comme le refrain, repris en boucle par la fanfare, qui évoque pour moi l’esthétique des musiques de transe du soufisme et des derviches tourneurs. J’ai toujours aimé les fanfares, les orphéons, les harmonies (et aussi bien d’autres musiques) mais ce qui m’émeut le plus c’est de savoir que dans cette extrême pointe  de la francophonie (la frontière linguistique avec le monde germanique et néerlandophone est à quelques lieues de ce village), la jeunesse sait se donner une fête truculente, en recyclant une chanson d’un répertoire oublié* par la francophonie académique. J’ espère que la Belgique continuera à vivre et à faire la fête, elle y excelle.

* Musique de Romain Desmoulins, paroles de Dommel et Valfy (années 20 ?)

jeudi 9 septembre 2010

On reconnaît une société à la façon dont elle traite les fous, par le docteur Jean Oury

Au mois de mai je vous ai parlé du docteur Jean Oury (voyez les archives de mai de ce blog: "la nuit sécuritaire...", vous y trouverez aussi une bibliographie).

Je vous donne à entendre une autre interview de lui (elle est extraite d'un documentaire "un monde sans fous" qui a été programmé cet été sur une chaîne du service public.

En cliquant sur l'image vous accéderez à cette interview. Si vous êtes sensible à ces questions lisez aussi la pétition contre les soins sécuritaires et décidez de la signer si elle vous paraît pertinente. En cliquant sur la deuxième image vous accéderez au site de cette pétition.


Site de l'appel contre les soins sécuritaires : cliquez sur l'image ci-dessous

mercredi 25 août 2010

Jacques Bonnaffé dit des poèmes de Pierre Coran et Raymond Queneau


"Comptines pour ne pas chuinter" : un cadeau de l'ami Jacques Bonnaffé aux petits curieux, lecteurs de l'âne vert..

Portrait de Pierre Coran et couverture des "Comptines pour ne pas chuinter" aux Ed. Casterman, collection DIRELIRE










Pour avoir lu Froissart, quelques publications de Daily-bul de La Louvière, lu, écouté, aimé, les œuvres de  Julos Beaucarne et Dominique Sampiero, je savais le Hainaut terre d'écritures, mais, avant de recevoir par la malle-poste électronique, la missive sonore qui est la matière de ce petit film, je ne connaissais pas l'œuvre de Pierre Coran. Merci donc à Jacques pour cette rencontre et aussi pour l'Art POPO de Queneau.
Merci aussi à Pierre Coran, et aux éditions Casterman, qui ont accueilli ce projet radiophonique sur l'âne vert avec sympathie.
De Pierre Coran je sais peu de choses : il a été instituteur Freinet dans le Hainaut belge, où il vit dans une forêt, puis professeur de littérature à Mons, il a écrit ces "Comptines pour ne pas chuinter" qui m'ont enchanté et beaucoup d'autres textes que je vais découvrir au cœur des nuits à venir (je ne lis bien que la nuit en écoutant l'effraie des clochers - une très belle chouette - chasser le mulot autour de ma maison). Ah oui, au fait, cette chouette, ne lui dites surtout pas que je lis un truc pour "ne pas chuinter", c'est un programme à lui donner l'envie de réveiller tout le quartier car pour chuinter, elle chuinte, la belle dame rousse et blanche  qui hante mon grenier : hululer moi ? vous rigolez ! pourquoi pas braire pendant que vous y êtes ?
J'espère que cette écoute vous donnera le désir de faire de même...  si ça vous chante.

Pour en savoir plus je vous donne ce lien vers une biographie de Pierre Coran, et cet autre vers un article sur lui dans Wikipédia.

mardi 24 août 2010

"Liberté" de Tony Gatlif, un film pour réfléchir (vite) à la question pressante : que faire ?


J'ai vu ce film cet hiver, qui m'a bouleversé, j'en ai parlé sur des blogs amis mais j'ai oublié de vous en parler. Je ne mesurais pas bien alors ce que le poids de l'oubli et les émotions sans lendemain peuvent avoir de paralysant. Il est urgent, ce me semble de nous souvenir qu'il est écrit au fronton de nos mairies et de nos écoles "Liberté Egalité Fraternité". Les colères nécessaires ne doivent pas paralyser l'urgence de nos solidarités. Ce matin je suis tombé par hasard, à un péage, sur un traquenard à "gens du voyage", j'ai partagé mon déjeuner avec eux et leur ai souri, c'était peu, juste la moindre des choses. 
Depuis juillet l'âne vert se souvient de plus en plus souvent qu'il a été gens du voyage et il aspire à partager son pré ou faire un bout de chemin avec ses semblables. Ceux qui me lisent et ont des idées plus claires sur "que faire", sont les bienvenus sur ce blog.

http://www.lavoixdesrroms.org/

dimanche 22 août 2010

Jacques Bonnaffé dit un texte de Georges Duby sur les moines cisterciens



Dans le cadre des Journées Européennes du Patrimoine 2009 à l'abbaye de Bohéries (Picardie), le comédien Jacques Bonnaffé dit un texte de Georges Duby (extrait de "l'art cistercien", Ed Flammarion) sur la vie des moines cisterciens au premier siècle (12 ème) de l'ordre. Marie Eberlé est au violoncelle. Les images sont de Stéphane Mazot et Michel Vandestien, en fond sonore vous pouvez entendre les moines de l'Abbaye de Cîteaux (Bourgogne) chanter (c'est un enregistrement des années 50) le Rorate, un chant grégorien du temps de l'Avent. C'est une réalisation de l'âne-vert.

Pour mémoire, le grand historien Georges Duby était membre de l'école des Annales fondée par Marc Bloch dont il a déjà été question sur ce blog. 

dimanche 8 août 2010

Le Père Courtois, créateur du jardin des simples de l'Abbaye de Vauclair, dit un texte de René Char

Un film de l'âne vert :


En 2003, le Père Jean-René Courtois s.j., donne, à l'initiative de l'association des amis de Foigny, une conférence à La Bouteille sur les herbes médicinales dans le monde monastique (il est le créateur du jardin des simples à l'abbaye de Vauclair dans l'Aisne, après avoir été un des animateurs, avec le groupe "Source" des fouilles de Vauclair ). En conclusion il cite et commente un texte de René Char sur l'herbe (extrait de "Jacquemard et Julia" dans "le Poème pulvérisé" (1945-1947). Le texte dit par le Père Courtois est très légèrement différent de celui publié dans les œuvres complètes de la Pleïade. Je ne sais pas s'il a eu entre les mains une variante antérieure où s'il s'agit d'une liberté commune à tout lecteur d'entendre les textes d'une autre oreille que celle de l'auteur. Tendez bien l'oreille car la bande son n'est pas fameuse, je l'ai enregistrée il y a 7 ans avec un tout petit magnétophone. Les images ont été filmées par l'âne vert dans le jardin des simple des abbayes de Vauclair (où il repose depuis 2005) et  de Bohéries en juillet 2010, sauf le portrait en noir etblanc qui est du photographe Lin Hai Yui Suko (ses photographies de Vauclair ont été publiées dans l'ouvrage "Vallis Clara" édité par le département de l'Aisne et disponible sur le site de Vauclair). Jean-René Courtois était mon ami. Aux heures de solitude de l'hiver j'aimais aller écouter le puits de science qu'il était dans sa cabane d'ermite  de Vauclair. Pour nous réchauffer un vin généreux accompagnait souvent ces rencontres, en bon jésuite il aimait particulièrement, comme moi, les Châteauneuf-du-Pape.

Je signale à mes lecteurs que le livre de René Courtois, "le jardin de plantes médicinales, Abbaye de Vauclair" vient d'être réédité par l'Association des Amis de Vauclair et qu'il est disponible sur le site de Vauclair.

mercredi 4 août 2010

C'est l'été, l'âne fait dans la presse "people" et vous dit tout sur Emmanuel Mousset

Un scoop : Emmanuel MOUSSET profite de ses vacances pour faire la vaisselle !
Bon c'est lui qui a choisi la photo. Compte tenu des ses ambitions j'aurais préféré vous le montrer à cheval sur le Pont-Neuf à côté d'Henri IV. C'est un ami et on pardonne tout (enfin presque) à un ami, y compris d'aimer montrer qu'il met trop de détergent quand il fait la vaisselle, et des gants de caoutchouc que je déteste dans ce genre de situation (mon côté claustro). Jaunes en plus ! visiblement il ne sait pas qu'il en existe aussi de couleur rose ou verte qui seraient quand même mieux assorties avec ses bigoudis (pardon, en fait il les a retirés pour la photo, je me demande s'il ne devrait pas changer d'attaché de presse)


L'histoire c'est qu'Emmanuel tient un blog depuis des années et que je me chamaille avec lui de temps en temps sur ce blog. Et ce matin qu'est-ce que je lis sur son blog ? Qu'il est un peu triste que la presse people de la région ne parle pas de lui pendant l'été... et il leur propose cette photo.
La veille j'ai écrit sur son blog, en conclusion d'un petit billet,  cette phrase dont je n'ai pas mesuré l'imprudence : "...Devenir documentariste de nos amitiés serait un bon antidote aux pestilences de l'air du temps." (en fait c'est un peu le programme de l'âne vert). Et ce matin, il me prend au mot en lançant cette bouteille à la mer. Donc je vais essayer de vous parler de lui, cette nuit peut-être, si je suis en forme (j'aime écrire au mitan de la nuit). En attendant vous pouvez aller le lire son blog :

http://laisneavecdsk.blogspot.com

Ah oui parcequ'il faut quand même que je vous dise (intitulé du blog oblige) que c'est un fan de DSK, personne n'est parfait et on pardonne beaucoup à ses amis. D'ailleurs si le peuple de gauche veut DSK je voterai aussi prochainement DSK (un peu comme les athées vont à la messe et je ne rate jamais ces messes là) bien que j'en pince plutôt pour un ticket Eva Joly- Martine Aubry, personne n'est parfait, et je ne m'exclus pas de ce constat. Alors peut-être à demain la suite.

Suite et fin...


Le point de départ de ce billet c’est quand même la photo, et finalement si j’écris aujourd’hui sur Emmanuel c’est que j’ai bien aimé cette photo décalée : Emmanuel que le genre facétieux effleure rarement, se lâche un peu, c’est le charme de l’été – saison que pourtant je n’aime guère – d’autoriser cette légèreté.  J’aime aussi l’intelligence du ou de la photographe qui a évité l’effet « yeux rouges » en décalant le cadre et en envoyant le flash sur le carrelage de la cuisine, ce qui vaut à Emmanuel de ne pas ressembler à un de ces martiens qui peuplent subrepticement nos albums de photo.  Et puis il a une bonne bouille, sur cette photo : il a laissé au vestiaire cette intranquilité et ces crispations que je lui vois si souvent dans les meetings. Comparez avec la photo qui est sur son blog et vous comprendrez le poids d’accablement (et souvent il y a de quoi), dont il se départit ici. D’ailleurs je serais lui je virerais la photo du blog et je mettrais à la place ce portrait. Si on compare les deux photos on aperçoit aussi qu’il a pris de la bouteille ce qui me fait espérer qu’il va finir par aimer les vins généreux et comprendre qu’un peu de rondeur peut le bonifier.  Peut-être bien que l’été il prend le temps de faire le marché pour d’autres plaisirs que de serrer des paluches et vérifier que ses confrères – amis et adversaires – occupent toujours le pavé.

Emmanuel je l’ai connu surtout dans les cafés philo qu’il anime souvent avec talent dans la région de Guise (et aussi dans tout le département si j’en crois les journaux) en alternance avec Jean-Paul Senellart, sous la houlette bienveillante de Lise, mère aubergiste et cuisinière infatigable de ces moment de grâce. Son goût des paradoxes et du genre pince sans rire donnent souvent de la légèreté à nos débats, autorisent la complexité et contribuent à déjouer les pièges narcissiques de l’auto-fiction. J’aime en lui le petit travailleur infatigable de l’éducation populaire, un genre dont l’âge d’or fut les années cinquante (ma jeunesse) et tombé presque complètement en déshérence (il y a quelques années une association thiérachienne dont c’est plus ou moins la mission envoyait les gosses de la région sur les plateaux de la télé-réalité-poubelle…). J’aime sa persévérance à tracer ce sillon tout en m’autorisant parfois quelques notes discordantes quand, sur son blog, je le sens dériver dans une tonalité, à mon goût (bien discutable) trop « père sévère ».

J’aime aussi son imprudence en un temps où l’esprit de précaution et la prudence matoise règnent presque sans partage. Son blog, où il écrit au jour le jour tout ce que l’actualité politique lui inspire, est un bon reflet de cette imprudence. Aucun de ses  pairs, confrères ou concurrents ne se risquent à une telle entreprise : ils savent que le silence est d’or. Bien qu’il s’en défende je crois qu’Emmanuel n’aime pas les ors de la République et qu’il n’a pas renoncé à bousculer le style des gouvernances qui obscurcissent l’avenir.  Les convictions que je partage le plus facilement avec lui sont que la professionnalisation des carrières politiques n’est pas garante d’un progrès de nos démocraties, et que le cumul des mandats est le terreau d’un néo-féodalisme électif en grande partie responsable de l’incrédulité croissante des citoyens dans l’idée même de bien public.

Emmanuel a l’ambition de fédérer une gauche élargie et renouvelée à Saint-Quentin et si vous lisez son blog vous comprendrez vite qu’il se verrait bien en premier magistrat de cette ville. Il faudrait sans doute une sorte de miracle pour qu’une telle chose advienne car il cumule les handicaps (et je crois qu’il le sait). Tout d’abord « il n’est pas d’ici » et dans une région où la gauche aime surfer sur le chauvinisme (combien de discours officiels en Thiérache commencent par le rituel « en Thiérache, on aime être chauvin ») son côté berrichon lui sera rappelé jusqu’à plus soif. Ensuite son ancrage politique dans la mouvance DSK n’est pas un atout dans une ville où le Parti Communiste a longtemps été dominant, même l’hypothèse d’une raz de marée DSK aux prochaines présidentielles ne lui sera pas forcément favorable, ses concurrents deviendront du jour au lendemain plus légitimistes que lui et œuvreront sans doute à lui barrer la route. D’autant que le processus de désignation des candidats aux élections locales est, dans son parti, logé à l’adresse des boutiques obscures. Particulièrement dans la fédération de l’Aisne où l’on s’est surpassé, aux dernières municipales, à Saint-Quentin, à Bohain, et à Guise (je connais mal le sud du département) dans des cooptations brutales et sans élégance, par quelques grands notables qui ont désigné, parfois sans vote ou simple débat avec les militants, les candidats qui convenaient à la préservation des équilibres de leurs détestations mutuelles.

Les autres handicaps que je lui vois sont plus intimes. Un maire de grande ville n’est pas seulement un animateur de la vie locale, il est aussi un aménageur et un urbaniste et sur ces sujets je trouve Emmanuel trop souvent muet sur son blog,  ce n’est pas un scoop car je le lui ai dit plusieurs fois . Ensuite chaque fois que je le vois à la campagne je suis stupéfait de sa phobie pour la nature, le jardinage, une simple prairie : il voit partout des serpents et des bestioles qui l’effraient. J’espère vaguement que c’est une mise en scène un peu provocatrice à mon égard, sans le croire tout à fait. Dans le même temps un maire est un chef d’orchestre donc j’espère qu’il saura fédérer d’autres talents que les siens propres. Cette phobie, chez lui, de la verdure n’est d’ailleurs peut-être qu’à mes yeux un handicap car en Picardie il faut bien reconnaître que les excès passés (et encore bien présents bien qu’en recul) de la grande culture en matière de saccage de l’environnement ont profondément marqué les esprits : combien de jardiniers amateurs et de services des espaces verts ne connaissent-ils, dans nos communes, comme seul impératif que l’idée obsessionnelle et mortifère de « faire propre » ?
Donc j’espère qu’il saura s’entourer de jardiniers qui aient un peu écouté les conseils d’Alain Baraton , le matin, sur France Inter, et lu Gilles Clément, par exemple. Et je lui conseillerais volontiers quelques lectures pour s’initier au charme à préserver du Marais d’Isles, dans sa bonne ville : de Julien Gracq par exemple « les eaux étroites » et « la forme d’une ville ». Et qu’il ne s’inquiète pas trop, je ne suis pas électeur à Saint-Quentin !

jeudi 8 juillet 2010

Le Tour de France 2010 en Picardie, étape Cambrai-Reims, comme si vous y étiez


5ème étape, Cambrai - Reims, du Tour de France 2010, la côte de Vadencourt&Bohéries, dans l'Aisne, était l'épreuve phare de cette étape, en dehors de l'arrivée. Film tourné par l'âne vert dans cette côte le 7 juillet 2010, au lieu dit "le paradis" où étaient les vignes de l'Abbaye du lieu au Moyen-Âge. Hier après midi ce n'était pas le paradis pour les coureurs, 1,6 km de montée, personnellement je la monte à pied quand je passe sur cette route. Et sans rancune à Jacques Tati ("jour de fête") pour son intervention inopinée sur le tournage...et pour les photos.

dimanche 4 juillet 2010

L'orage doucement gronde dans le lointain


L’orage doucement gronde dans le lointain
Pluie chaude de l’été, arbres s’ébrouent dans le jardin.
L’herbe des prés se souvient de la mer en allée
Un papillon trouve refuge à la fenêtre, fragile ailée
Chacun prie à sa croisée, la vie qui renaît.

mardi 29 juin 2010

1er mai au Familistère Godin de Guise : un moment de grâce



Durant les festivités du 1er mai 2010 au Familistère Godin à Guise j'ai filmé un petit moment de grâce que je vous donne à voir. Durant 2 minutes la Compagnie "Fanfare Ballet" joue et danse autour d'un jeune enfant dans sa poussette. Profitant de l'état d'extase général on peut apercevoir qu'un piquepoquette, déguisé en tambour de ville, en profite pour voler la tortue de l'enfant. Mais la police veille au grain car ce tort tue. Un vigilant, lui même déguisé en danseur, parvient à récupérer la tortue et la rend à l'enfant. Le chef de gare (pourtant il n'y plus de gare à Guise depuis belle lurette) - ou le régisseur ? - interrompt ce moment de bonheur, qu'on aurait aimé voir se prolonger un peu, par une annonce incompréhensible (c'était peut-être un chef de gare ouzbek, que vous semble de l'idiome qu'il ahâne ?).

Ce signal semble le point de départ d'une chasse à courre, s'agit-il de tenter de rattraper le piquepoquette qu'on croit apercevoir s'enfuyant ?

Remercions "Fanfare Ballet" d'avoir ressuscité, le temps d'un premier mai, l'atmosphère de l'ancien pouponnat fondé par Godin au Familistère de Guise.  Et comme, c'est bien connu, on arrête très facilement le progrès en toutes choses (surtout  en celles qui sont utiles), notons qu'il n'existe plus, depuis la fin de l'utopie Godin, ni crèche, ni halte garderie, ni bien entendu de pouponnat à Guise, faut pas rêver !

Remercions les aussi pour ce moment de grâce dans une programmation des festivités du 1er mai au Familistère trop souvent vouée à la dérision et à la fuite du sens  à travers des spectacles de rue incongrus où une bonne part des artistes engagés semblent n’avoir aucune compréhension des lieux et peu d’interaction avec le public.
Pour compléter cette contribution, cliquez :  ici

samedi 26 juin 2010

J'ai mal à France Inter

Oui depuis quelques jours j'ai mal à France Inter en entendant la nouvelle de l'éviction de Didier Porte et de Stéphane Guillon de l'antenne. France Inter, radio de service public pluraliste, c'est depuis bien longtemps ma radio du réveil. Et pas seulement du matin car j'aime aussi, à l'occasion, beaucoup d'autres émissions de l'antenne, "la prochaine fois je vous le chanterai", "l’Afrique enchantée", Interception, "Carnets de campagne", "Crumble", "Eclectique" et les voix de Pascale Clark, Rebecca Manzoni, Vincent Josse, Philippe Meyer, Noëlle Breham, Laure Adler, Philippe Meyer, Jérôme Garcin, Kriss et Claude Villers dont j'aimais tellement l'empathie joyeuse et facétieuse.
Certes je n'adhérais pas tous les jours aux contenus de l'humour des deux licenciés, il est arrivé qu'ils me fassent hurler, mais ils étaient le contrepoint bien nécessaire à la pesanteur des vérités officielles et que serait l'art de la caricature sans la liberté de forcer le trait ?

Ces évictions interviennent dans un contexte de crise de la presse écrite et de soumission croissante de tous les médias à des actionnaires que n'intéressent que les régies publicitaires, la proximité avec le pouvoir en place, et notre "temps de cerveau disponible" comme le disait l'inénarrable Mr Le Lay. Au fil des décennies nos gouvernants ont laissé se réduire comme une peau de chagrin les conquêtes en matière de liberté et d'indépendance de la presse du programme du CNR, à la Libération. En Picardie l'abandon du statut de coopérative ouvrière du journal le Courrier picard, dans l'indifférence générale, a été le dernier acte de la déshérence de ces conquêtes issues du temps de la résistance.
 
Chateaubriand qui défendit toujours, et souvent contre ses amis politiques, la liberté de la presse écrivait : "La presse est un élément jadis ignoré, une force autrefois inconnue, introduite maintenant dans le monde ; c'est la parole à l'état de foudre ; c'est l'électricité sociale. Pouvez vous faire qu'elle n'existe pas ? plus vous prétendez la comprimer, plus l'explosion sera violente". Il écrivait cela dans un siècle où les atteintes à la liberté de la presse faisaient se dresser les barricades dans Paris. Nous n'en sommes peut-être pas là mais c'est un signe d'affolement du pouvoir. Qu'il se soit trouvé comme allié, pour cette basse besogne, quelqu'un comme Philippe Val dont il m'est arrivé d'aimer les chroniques dans Charlie Hebdo ou sur l'antenne en lieu et place des deux humoristes licenciés, est particulièrement révoltant.

mercredi 23 juin 2010

Crise de l'hospitalisation publique : enfin une bonne nouvelle !

En ces temps de morosité et de compression des moyens alloués à la santé publique comme à nos hôpitaux, il faut saluer l'équipe de chercheurs qui vient de réaliser une avancée très remarquable sur le front des troubles du sommeil

mardi 22 juin 2010

Mondial de foot : acheter au bruit du canon et vendre au bruit du clairon ?

Je lis ce matin que les rats quittent le navire, les sponsors de l’Equipe de France dont je parlais hier, retirent tous leurs logos des maillots des joueurs. Tout d’abord ils devraient éviter de lire mon blog qui n’a pas le sérieux de leurs enjeux. Et puis se souvenir que le cœur de leurs métiers c’est quand même d’acheter au bruit du canon et de vendre au bruit du clairon et d’orchestrer au bon tempo ces deux instruments. Ils auront l’air malin si, ce soir, l’équipe de France, retrouvant le panache de sa jeunesse, le goût du jeu collectif et de la coopération à la Godin (j’ai lu dans le journal que l’équipe était désormais en autogestion et ça me les a rendu tout de suite plus sympathiques), fait un match flamboyant. Je ne connais rien au foot à cause d’un instit qui nous alignait sous le préau et nous tirait dans la tronche pour s’entraîner (l’inspecteur d’Académie qui l’avait recruté un peu légèrement dirigeait le club de foot local), et des dimanches de colle à l’internat où l’on me traînait dans des stades où il faisait si froid (les terribles hiver des années 50, quand l’abbé Pierre parlait à la radio), mais je peux imaginer qu’avec tout ce qu’on leur a mis dans la tronche, ils peuvent avoir fabriqué une sacrée dose d’adrénaline.
Pourvu qu'ils se souviennent que c'est du jeu. Tiens je vais aller mettre un cierge à Saint-Antoine !

Granville : Concert à la vapeur