lundi 25 février 2013

Berlusconi consulte une voyante


Berlusconi consulte une voyante :

La voyante très concentrée ferme les yeux et lui dit :
- Je vous vois passer dans une grande avenue, dans une voiture, le toit  ouvert, le peuple hurlant sa joie. Berlusconi sourit et lui demande :
 - Alors la foule est heureuse ?
 - Oui comme jamais.
 - Et les personnes qui courent après la voiture ?
 - Oui, autour de la voiture comme des fous. La police a du mal à se  frayer un chemin.
 - Les gens porteurs de drapeaux ?
 - Oui, des drapeaux de l'Union européenne, des bannières avec des mots d'espoir et d'un avenir meilleur.
 - Vraiment ? Et les gens crient, chantent ?
 - Oui les gens crient des phrases d'espoir : "Oh ! Maintenant, tout ira  mieux !!!", le peuple est en liesse.
 - Et moi, comment je réagis à tout cela ?
 - Je n'arrive pas à le voir.
 - Ah bon ! Pourquoi ?
 - Le cercueil est fermé


NB : Quand ce texte a été rédigé les premières projections de sortie des urnes en Italie étaient plus optimistes que le résultat final, la boule de cristal n'a pas menti, mais c'est devenu de la science fiction !
 
La voyante a aussi été entendue à l'Opéra de Rome où se jouait le Nabucco de Verdi :



jeudi 21 février 2013

Bernard Arnault de Polytechnique à la Légion étrangère, en passant par la Belgique et la Thiérache

Bernard Arnault, LVMH, en route pour la Belgique, a accepté de poser avec le bicorne de Polytechnique pour le petit reporter de l'Ane Vert
 
Interview exclusive de Bernard Arnault par le petit reporter de l’Ane Vert à l’occasion de la visite de B.A. en Thiérache (LVMH Fragrance Brands à Vervins) le 20 janvier 2013.
 
LPR : Bernard Arnault, je voudrais tout d’abord vous remercier d’avoir accepté de porter le bicorne de l’Ecole Polytechnique pour notre photographe. Les images de vous à cette époque de votre passage à Polytechnique sont difficiles à trouver, est-ce une histoire difficile à porter pour quelqu’un qui est aujourd’hui le patron et le propriétaire d’un des plus grands groupes mondiaux de l’industrie du luxe ?


BA : Pas du tout, le temps où Polytechnique formait exclusivement des officiers supérieurs de l’Artillerie ou du Génie, des cadres pour l’industrie lourde, est passé. Ne boudons pas notre plaisir, nous vivons dans un monde largement pacifié où la légèreté n’est plus honteuse. Et puis j’ai frayé des voies nouvelles et je me réjouis de voir que Polytechnique forme aujourd’hui la fine fleur des cadres de haut niveau de l’industrie financière mondiale. Leurs innovations sur les modèles mathématiques de gestion des produits dérivés et l’optimisation fiscale bouleversent notre monde avec une efficacité que pourrait leur envier l’artillerie de feu la Grande Armée. Excusez moi pour cette litote quelque peu anachronique, elle me semble cependant aussi éclairante que le soleil d’Austerlitz.
Pour ce qui est de la propriété de LVMH, même si j’y pèse d’un bon poids, je voudrais vous faire remarquer que je ne suis que co-propriétaire ; j’ai des actionnaires extérieurs et mes enfants, par ailleurs, seront de plus en plus associés à la direction de l’entreprise.

 
LPR : Justement, à propos d’optimisation fiscale, le bruit à couru ici qu’à la suite de votre installation en Belgique il n’était pas impossible que l’usine de Vervins déménage dans la Thiérache belge et plus  précisément à Chimay, que pouvez vous dire à ce sujet à nos lecteurs thiérachiens ?


BA : Je dois dire que ça serait tentant, pour notre image de luxe, si Chimay était encore une principauté indépendante. Ce n’est plus vraiment le cas. Sauf découverte de gisements importants de gaz de schistes dans les parcs de leurs châteaux, les princes de Chimay ne sont plus que des princes d’opérette, pas mal de noblesse d’empire dans leur descendance, ce n’est pas très porteur en terme d’image. Donc nous n’avons pas de projets de ce genre dans nos cartons.  Mes enfants en jugeront peut-être différemment dans un avenir lointain, nul ne peut présumer des hasards des alliances dynastiques à venir, notamment si la Belgique finit par retourner à ses anciennes principautés, ce qui n’est pas tout à fait improbable. Les réflexions de mon confrère Arnaud Lagardère sur ce terrain me paraissent plus audacieuses que celles mes enfants, tout cela est à voir.

 
LPR :  Pour en rester aux mouvements qui s’observent depuis quelques mois sur la frontière belge, quelle réflexion vous inspire l’actualité de ce légionnaire d’origine belge qui vient de perdre la vie – donner sa vie serait plus exact - dans les combats du Nord-Mali et qui n’avait pas, lui, « fait Polytechnique » ni été biberonné aux valeurs et honneurs de la République ?
 

BA : (après un long silence)
« Comprenne qui voudra
Moi mon remords ce fut
Le malheureux qui resta
Sur le pavé
La victime raisonnable
Au gilet déchiré
Au regard d'enfant perdu
Découronné défiguré
Celui qui ressemble aux morts
Qui sont morts pour être aimés »
Votre question m’interpelle et me trouble au delà de ce que vous pouvez imaginer. Ne riez pas, je paraphrase ici une citation d’Eluard que le Président Pompidou osa dans ma jeunesse.
Quant aux flux de personnes qui s’observent sur la frontière belge votre question est bien pertinente. Les médias parlent trop des exilés fiscaux et pas assez de ces dizaines de milliers de belges qui viennent irriguer de leurs talents et de leur courage le pays de ma jeunesse. Cet oubli a une longue histoire, celle de nos flagorneries identitaires. Qui se souvient que Jules César écrivit que « de tous les peuples de la Gaule, les belges sont les plus braves » ? Qui se souvient que les grandes eaux de Versailles n’auraient jamais existé sans le talent des sidérurgistes liégeois qui construisirent la Machine de Marly ? Qui se souvient que le musicien le plus applaudi à Paris lors de la période révolutionnaire et de l’Empire fut le liégeois Grétry ?  Qui se souvient que les belges volontaires furent si nombreux dans les armées de la Révolution et de l’Empire ? Qui se souvient de Théroigne de Méricourt ? Et nos érudits savent-ils qu’ils ont ânonné leur grammaire française dans le grand ouvrage de Maurice Grévisse, natif du borinage ?
A l’inverse, après la révocation de l’Edit de Nantes les protestants français, des gens souvent bien éduqués et entreprenants, sont allés trouver refuge aux Pays-Bas et jusqu’en Prusse. Bruxelles fut aussi souvent le refuge des éxilés de toutes nos contre-révolutions. Les mouvements ont toujours existé dans les deux sens.


LPR : La différence avec le présent c’est peut-être que, pour les protestants, il s’agissait d’un exil forcé. Vous ne dites rien des contemporains ?

BA : Ils sont trop nombreux à investir leurs talents dans nos campagnes, nos industries, nos beaux arts, je craindrais d’en oublier beaucoup. Il faudrait aussi parler de tous les peuples nos voisins et de tous les outre-mers dont les concours ont été si importants tout au long de notre histoire, parler aussi en sens inverse de tous nos aventuriers et découvreurs au long-cours, c’est une trop longue histoire pour votre petit journal.

 
LPR : Un journaliste belge a récemment réalisé un long reportage sur les exilés fiscaux Outre-Quiévrain en notant que beaucoup se plaignent, pour leurs enfants ou petits enfants restés en France, de la mauvaise qualité de son système éducatif et de santé. Comme cela date un peu il a négligé de leur demander ce qu’ils pensaient du niveau de nos forces armées, n’y a-t-il pas là une forme d’inconséquence ?

BA : Je ne comprends pas votre question, voulez vous dire que seul celui qui paie est en droit de se plaindre ? Cela ferait beaucoup de silence dans les rangs car les pauvres qui  contribuent peu ne manquent pas et pèsent d’un poids électoral bien plus considérable que nos maigres bataillons de résistants fiscaux. Par ailleurs la Belgique autorise la double nationalité, les citoyens français de l’étranger seraient des citoyens de seconde zone privés de la liberté de leurs opinions ? Nos enfants devront-ils, comme ce malheureux sous-officier d’origine belge, s’engager dans la Légion étrangère pour recouvrer une citoyenneté de plein exercice ?
LPR : Ça ne semble pas d’actualité, même le Directoire et l’Empire n’en ont pas demandé tant aux enfants de la noblesse émigrée à leur retour, et ce en des temps autrement troublés où les périls étaient bien plus tranchants,. Mais n’apercevez vous pas que réduire ce soldat à un « malheureux » est faire peu de cas et de respect à son engagement ?

BA : Je vous l’accorde, c’était une facilité de langage, un lapsus peu digne d’une tête qui a porté bicorne. Je vais vous dire le fonds de ma pensée sur la chose militaire. Il me semble que nous ferions un bond en avant gigantesque vers un monde pacifié si toutes les armées du monde n’étaient autorisées à recruter que des hommes et des femmes ayant dépassé la soixantaine. Si les Nations Unies décrètent cela demain à l’unanimité par traité inviolable je vous jure que je m’engage illico dans la Légion étrangère.

LPR : Demanderez vous alors à être intégré dans le grade qui était le vôtre quand vous êtes sorti de Polytechnique ?

BA : C’est à réfléchir, je n’ai pas tout à fait perdu la main mais repartir à zéro pourrait me rajeunir. Ce n’est d’ailleurs sans doute pas la seule difficulté. Il y aura sans doute des contrevenants à cette loi internationale et il faudra peut-être une force de police internationale plus jeune dans son recrutement pour faire face à cette occurrence.

 
LPR : N’est-ce pas contradictoire ?

BA : Pas du tout, regardez les rues de Paris ou de Bruxelles : qui a le droit d’emprunter les sens interdits ? La police, les pompiers et les ambulances.

LPR : Et l’industrie du luxe ?

BA : C’est hors sujet !


                                                                         Fin de l'interview

Ppc : l’âne vert - mes lecteurs auront compris qu'il s'agit d'une fiction

mercredi 1 août 2012

Lettre de Mongolie : in memory Chris Marker

Ce matin, écoutant les nouvelles à la radio et lisant le quotidien dont le fond de l’aire est rouge (il a rosi mais pas son logo), je caresse un chat sur la grande jetée du port de Valparaiso. J’y ai vécu et le commentaire du film de Joris Ivens, écrit par celui dont parlent les journaux aujourd’hui, n’y était pas pour rien. Valparaiso, ville où l’on montait en ascenseur vers les collines où s’affrontaient, par jeu de grand vent, les enfants à « volantines », je ne savais pas encore qu’elle deviendrait pour des décennies, une ville  sans soleil. Un officier de marine proche de l’unité populaire nous avait procuré l’autorisation de visiter l’Esmeralda, voilier magnifique et navire école de la marine de guerre chilienne. Le comité d’accueil y fut rude (genre « barbudos Cuba no ! ») et nous ne dûmes qu’à une retraite précipitée le sauvetage de notre petit matériel photographique et pellicules. Nous devions comprendre peu après que les fonds de calles de l’Esmeralda avaient été transformés en bagne pour les militants du MIR soupçonnés de vouloir « infiltrer » l’armée chilienne, les témoins n’étaient pas les bienvenus. Au cœur du bel été chilien une partie de l’armée, déjà, préparait ce qu’elle accomplirait à grande échelle en septembre.

Dans les années d’après guerre il a longtemps écrit dans une revue où j’ai appris à lire, et un peu à philosopher : « Esprit ». On disait qu’il avait été un des créateurs de la collection « Petite Planète » qui, pour ma génération, fut si belle et si novatrice aventure éditoriale. J’y ai lu très jeune son « Giraudoux par lui même » dont il sut me faire aimer l’élégance de style. J’ai revu récemment au « forum des images », le « Joli mai », le portrait sans doute le plus perspicace du Paris de notre après guerre (celle d’Algérie). Je ne savais pas encore qu’il serait à nos côtés dans un autre mai à venir. Lui, déjà, l’espérait.

Quand des revers de fortune m’ont conduit, il y a quelques années à vendre ma bibliothèque de cinéphile, beaucoup de ce qui me venait de lui est parti pour le Japon. J’ai correspondu un temps avec ces acheteurs du bout du monde, j’ai compris qu’il y était aimé. Un bar à Tokyo a pour nom « La jetée ». Je suis émerveillé de savoir que « la Jetée » est un film culte pour la jeunesse du monde, comme il l’a été pour ma génération, parce qu’il a inspiré des créateurs de leur âge. Chris Marker a semé tant de petits cailloux dans tant de domaines de l’exploration du réel, de l’imaginaire, de la création, et dans des formes si diverses, qu’il m’est impossible de croire à sa mort annoncée.

Il était un homme pont, d’une générosité folle, compagnon de bon nombre de ceux dont l’œuvre a germé dans l’effervescence des mouvements de culture populaire au sortir de la résistance (Resnais, Ivens, Varda, Ruspoli, Matta, Rouch, Gatti, William Klein…). Peu (très peu) d’images de lui. Comme Julien Gracq, il se gardait du bruit des médias officiels. Ceux qui ont vu sur Arte « Varda par ci, Varda par là » se souviendront peut-être d’avoir aperçu l’ « ouvroir » dont il se disait l’artisan.

Les journaux racontent aujourd’hui qu’il est né à Neuilly-sur-Seine. N’en croyez rien, il est né à Oulan-Bator et j’espère vous écrire un jour une lettre de Mongolie pour vous donner des ses nouvelles.

Pour en savoir plus :

http://www.arte.tv/fr/Hommage-a-Chris-Marker/6845086.html

Pour regarder "La jetée" et "A Valparaiso" sur Vimeo :


http://www.vimeo.com/5690624


http://www.dailymotion.com/video/xz5cs_la-jetee-1962_creation





mercredi 18 avril 2012

Thiérache : vers un bocage peau de chagrin ?

Que faire face à ce constat ? L'âne vert s'associe bien volontiers et co-signe la tribune libre qui suit
Vers un bocage peau de chagrin ?


Le bocage et ses haies vives qui est le paysage que nous aimons, façonné au fil des siècles par des générations d’herbagers producteurs de la merveille de Maroilles, le bocage thiérachien se réduit à vitesse accélérée, chacun le constate, et les chiffres des recensements de l’agriculture le confirment.
En dix ans la Thiérache a perdu près de 300 exploitations agricoles, pour l’essentiel des producteurs de lait. En vingt ans les surfaces de prairies herbagères ont reculé de plus de 53% dans l’Aisne, pendant que le nombre d’exploitations laitières chutait de 68% et que le cheptel de vaches laitières, malgré l’augmentation de la taille des troupeaux, reculait de 36%. C’est en Thiérache dont ce fut longtemps la spécialisation identitaire que ces reculs se sont faits pour l’essentiel.

A l’origine de ces bouleversements :
- très souvent le découragement des producteurs de lait dont la production n’est pas rémunérée à la hauteur du travail sans temps morts qu’elle exige
- la pression sur le foncier des filières agricoles plus rémunératrices sur le court terme, l’abandon des régulations de marché qui assuraient des prix planchers aux producteurs et rendaient possibles, en maîtrisant le foncier, des ambitions d’aménagement du territoire et de valorisation de nos paysages.
- l’insuffisance des aides publiques à développer, autour du lait et de l’industrie des produits laitiers, des labels de qualité et de terroir, des filières à haute valeur ajoutée, des circuits courts
- l’insuffisance encore de la reconnaissance publique de la contribution des herbagers, quand ils ne font pas de l’élevage en batterie, à la préservation de la biodiversité, à la protection des sols, au ralentissement du ruissellement des eaux dans les périodes de crue, à la préservation des zones humides, au développement de la filière bois pour le chauffage et la reconstitution des sols.

Si ces tendances lourdes se prolongent encore une ou deux décennies on peut craindre pour demain un bocage qui se réduirait aux vallées de nos rivières, à une étroite lisière des forêts du Nouvion et de Saint-Michel ; et une filière bois, dans le nord de l’Aisne, définitivement sinistrée. Bien entendu les subventions qui encouragent la plantation de haies sur le territoire sont un palliatif partiel, mais il ne sera jamais à la hauteur des dizaines d’hectares de prairie humides et de haies bocagères livrées aux labours chaque année depuis des décennies.

Pour relever tous ces défis, la vie politique de nos pays a besoin d’hommes et de femmes pour qui l’écologie ne soit pas une matière à option, claironnée le temps d’une campagne électorale, et vite rangée au rang des accessoires.
C’est pourquoi nous soutenons la candidature d’Eva Joly dont l’engagement, aux côtés de José Bové, est totale :
- pour une agriculture paysanne de qualité respectueuse de la biodiversité et protectrice des ressources si nécessaires à la vie que sont l’eau, les forêts, les zones humides, les zones de bocage, les insectes pollinisateurs
- pour des circuits courts à valeur ajoutée entre producteurs et consommateurs, pour l’approvisionnement en bio des cantines scolaires
- pour la promotion de labels de qualité et d’origine contrôlée assortis de cahier des charges transparents, pour une alimentation saine et une vigilance sans relâche sur les lobbys des grands groupes chimiques et semenciers (OGM, brevetage du vivant) dont les profits se font trop souvent au détriment de la santé publique.
- pour des pratiques d’élevage respectant l’animal et le consommateur et une reconversion progressive au bio des techniques culturales.
-pour une régulation internationale des prix agricoles garantissant une juste rémunération aux producteurs, pour une régulation du foncier agricole et une aide aux initiatives associatives favorisant l’installation de jeunes agriculteurs
- pour une équité et une solidarité territoriale garantes d’un accès aux services publics et de proximité dans les zones rurales délaissées.

Liste des 24 signataires, merci à eux :
 

Aurélien Wéry, des jeunes écologistes
Bertrand JEANDEL, EELV
Brigitte FOURNIE-TURQUIN, conseillère municipale à Laon
Christian SYLVESTRE. candidat Europe Ecologie les Verts dans la 3ème circonscription de l’Aisne
Claire JULLION, ardennaise bocagère
Claude HARMELLE, sociologue
Evangelia RALLI, Ribemont
François BRAILLON, paysan retraité
François TURQUIN,
François VATIN
François VEILLERETTE. conseiller régional Picardie
Gabrielle ELIAS, jardinière de Bohéries
Gérard BALITOUT, conseiller municipal délégué, Hirson
Jacques MAHIEUX, musicien rural
Jean-Jacques FIN, maraîcher bio à Laon
Jean-Marc KUPECKI, retraité
Jean-Paul MEURET, historien de la Thiérache, diplômé de l’EHESS
José MEURICE, maire adjoint de Watigny
Marie-Claude MALLEVERGNE
Marie-Françoise VERHOOG, chargée d’études en environnement
Marie-Reine DUFRETEL
Michèle CAHU, conseillère régionale Picardie
Nora AHMED-ALI, conseillère municipale à Saint-Quentin, secrétaire du GAL Nord de l’Aisne d’Europe Ecologie les Verts
Roel VERHOOG

dimanche 1 avril 2012

Une nouvelle semence de betteraves OGM va-t-elle révolutionner la filière énergétique en Picardie ? Vers une reconversion de la filière betterave-ethanol d’Origny Sainte-Benoite et la création d’un nouveau centre de stockage des déchets nucléaires à Marly-Gomont ?

C'est le "Poisson d'Avril" auquel vous avez échappé cette semaine. J'avais écrit ce texte avec l'idée, facétieuse, de créer un buzzz (enfin une rumeur) dans le genre "poisson d'avril" sur le internet cette semaine via un blog "ad-hoc". Des esprits sages m'ont convaincu que mélanger la fiction et le réel sur des sujets à certains égards si angoissants pour mes contemporains, sujets qui méritent des réflexions et des actions bien réfléchies, n'était peut-être pas très pertinent, particulièrement dans le contexte présent. Rire de nos misères reste cependant toujours d'actualité donc je diffuse ce texte sur mon blog en l'assumant comme une fiction. Ce texte contient cependant des allusions à des problèmes graves, notamment la question des justifications pseudo-écologiques et économiques de la filière de carburants betterave-éthanol. J'y reviendrai de façon plus sérieuse sur ce blog prochainement.

Usine Tereos d'Origny-Sainte-Benoite (Aisne) qui produit à la fois du sucre et de l'éthanol à partir des betteraves sucrières.

Une réunion secrète se serait tenue récemment au Qatar réunissant des investisseurs qataris, des acteurs majeurs de la filière betteravière picarde (groupe Tereos, Crédit-Agricole), un grand groupe semencier international (Monsanto), des industriels de la filière nucléaire européenne (Areva, Siemens) et des groupes actifs dans le traitement et le stockage des déchets industriels (Valor-Aisne et Andra).

Le point de départ est la mise au point jusqu’ici tenue secrète par le groupe Monsanto, d’une nouvelle variété de betteraves sucrières génétiquement modifiée (code xx3145) dont la particularité est son haut pouvoir absorbant de la faible radio-activité ambiante dans les sols de toutes natures. La culture de cette nouvelle semence semble avoir été testée à assez grande échelle dans des pays de l’Union Européenne (Pologne, Roumanie) où la réglementation environnementale est peu contraignante.

La culture à plus grande échelle ouvrirait la perspective d’une reconversion de la distillerie d’Origny Sainte-Benoite (groupe Tereos) en centrale nucléaire douce disposant du label « développement durable ». On savait la filière betteravière inquiète des critiques des scientifiques de l’écologie que la Cour des Comptes vient de relayer récemment en dénonçant un gouffre à subventions aux justifications écologiques en trompe l’œil. Une commission sénatoriale a par ailleurs récemment préconisé une baisse drastique des exonérations de TIPP dont bénéficie cette filière, ruineuses pour les finances publiques. C’est ce contexte qui explique la reconversion en cours par le groupe Tereos de sa distillerie normande de blé-éthanol en usine d’amidon.

Cette filière ouvre la perspective d’une reconversion, véritable bouée de sauvetage pour l’usine d’Origny, de la distillerie d’éthanol en centrale nucléaire d’un type nouveau utilisant comme combustible les éléments faiblement radioactifs concentrés dans les betteraves xx3145 et rendus industriellement utilisables au terme d’un processus de raffinage dont la faisabilité faisait l’objet de la réunion au Quatar. Il s’agit dans un premier temps de réunir les capitaux importants que nécessite la mise au point de ce nouveau process de production. Le groupe AREVA qui est inquiet pour ses approvisionnements en uranium suite à l’insécurité qui prévaut actuellement sur ses principaux sites d’extraction en Afrique sub-saharienne suite aux pressions (enlèvements de personnels) exercées par le groupe Al Quaeda au Maghreb dans cette région, s’est montré intéressé.

Le groupe Monsanto a également fait prévaloir l’intérêt de cette nouvelle semence OGM dans des applications de dépollution des sols consécutifs d’accidents nucléaires de grande ampleur. L’électricien japonais TEPCO, propriétaire des centrales de Fukushima, était d’ailleurs présent, à titre d’observateur, à la réunion de Doha, capitale du Qatar.

Le problème du traitement et du stockage des déchets de cette nouvelle filière semble également avoir été abordé à la réunion de Doha. C’est sans doute ce qui explique la présence à cette réunion de Valor-Aisne et de l’Andra (qui gère les centres de stockage  des déchets nucléaire en France et conduit actuellement des programmes ambitieux de recherche-développement sur des projets de stockage à grande profondeur). Il se murmure auprès des milieux autorisés qu’un projet de centre de stockage d’un type complètement nouveau serait à l’étude à Marly-Gomont (Thiérache) ou sur le site de l’ancienne base militaire de Couvron, près de Laon. On notera que l’Agence de Développement Economique de l’Aisne avait également délégué un observateur dans la capitale du Qatar. La localisation à Couvron semble cependant bien douteuse compte tenu de la proximité de ce site avec la capitale administrative de l’Aisne et compte tenu aussi de la longue série de projets annoncés à grand renfort de fanfares et sitôt avortés qu’a connu ce site. Les géologues consultés penchent plutôt pour le site de Marly-Gomont dont les couches argileuses profondes, assez semblables à celles du site de Bure aux confins de la Meuse et de la Haute-Marne actuellement développé par l’ANDRA, sont bien plus propices à de tels projets.

La proximité de Marly-Gomont avec le champ de courses de La Capelle aurait également été retenue comme un point positif par les investisseurs qataris. Nos lecteurs se souviendront peut-être qu’une délégation venue de Doha a visité l’été dernier ce champ de course. Après le PSG, peut-on s’attendre aussi à un investissement significatif de l’émirat à La Capelle ? Décidemment on ne peut que se réjouir de l’intérêt nouveau des investisseurs internationaux pour l’Aisne et la Thiérache et plus que jamais « Invest it ‘s op ‘Aisne ! ».

Tout projet ambitieux attirant immanquablement dans notre pays son lot habituel de « pisse-froid » et « mauvais coucheurs », cette perspective, sitôt connue, a déchaîné quelques controverses. Marine Le Pen a déclaré qu’elle ne laisserait pas planter un minaret sur La Chapelle* (sic). Plus sérieusement le chanteur Kamini a déclaré la semaine passée qu’il ne laisserait pas transformer la capitale mondiale du Rap rural en poubelle nucléaire et il semble qu’un grand rassemblement européen est en préparation sur le site de Marly-Gomont pour le dimanche 1er avril.
 * son directeur de campagne semble avoir eu des difficultés à lui faire comprendre qu’il s’agissait d’un champ de course sis sur la commune de La Capelle.

Kamini à Marly-Gomont

jeudi 12 janvier 2012

L'Europe, poêle à frire ?

© l'âne vert 2012

Non je n’ai pas dit « dessine toi une carte » en me préparant un petit frichti ce matin-là, début janvier.

Ce qui s’est dessiné au fond de ma poêle, et sur mon poële, m’a fait sourire plus que poiler, ou rire à gorge déplorée.

Cette petite Europe, avec son cœur jaune sur une mer noire, et sans étoiles, c’était comme un rêve éveillé, rien de prémédité.

Pour l’attache de ce cœur, pas d’erreur : entre plateaux à Langres et estuaires mosans, Wallonie, Parisis, roses de Picardie, parages du Nord Ouest, les prairies où je m’esbaudis … et m’égare à siffler les trains, goût des lointains. Une toponymie à l’écoute s’il pleut que je chéris et où l’homme n’est pas en sucre, fut-il candi. Et moins encore la femme qui, en ces pays cy sait tisser et festonner la dentelle des rêves dont les hardes se disent « clicotes ».

L’ai trouvée bien jolie cette petite Europe, en ses clicotes où les bretons jettent des ponts vers ibères et lusitaniens, peuples marins.

Bien facétieuse aussi d’avoir osé amarrer une petite Corse à la côte des basques.

Plutôt « hip – hop », et assez « swing » : voyez ce grand écart d’Italie à Espagnes où elle semble danser-courir-bondir,

S’enfuir ? Ah, ça se pourrait bien, avec ces bruits à l’est où hongre ne rit.

Assez rétrécie, aussi, avec ces Royaumes désunis, l’Irlande fière, l’Hellade notre mère, tous ces naves scandis qui semblent le large avoir pris.

Hamlet sans royaume, fallait le faire, la poêle à frire, pour un cartographe, c’est peut-être un peu trop militaire.

Arrière ! fond d’idées noires ! répudier le genre masculin qui de la poêle au poêle : « Drap mortuaire, grande pièce d’étoffe noire ou blanche dont on couvre le cercueil pendant les cérémonies funèbres. », dit le wiktionnaire.

Pourtant cela peut advenir, la vie est maladie mortelle, et les agences de rotation,  les rêves sombres de la peur, la nostalgie des gabelous et des gros bénéfices du change pour que rien ne change, la paix armée des tranchées mal refermées, y travaillent.

Si cela advenait, me ferais cartographe de toutes les contrebandes car, sur les cartes, les fleuves savent remonter à leurs sources. La « poêle à frire », c’est aussi un outil : pour ceux qui creusent et sculptent des trésors ? Pour les démineurs des lignes de fronts ?

Claude Harmelle - 11 janvier 2012

mardi 10 janvier 2012

Vers un printemps des libertés et de la solidarité ? Manifestation de soutien à Xavier Mathieu à Amiens le 4 janvier lors de son procès pour insoumission aux prélèvements et au fichage ADN

"Le combat des contis, c'est une histoire d'amour, et elle dure toujours...Si je suis encore debout c'est grâce à tout ça... c'est l'amour des autres qui nous aide à tenir" nous a dit Xavier Mathieu mercredi dernier (voyez le troisième film). Cette manifestation prolongeait ce moment de grâce des luttes ouvrières qu'a été la lutte des Contis (Continental, Clairoix près de Compiègne). Ah certes il n’ont pas gagné le sauvetage de leur boîte et de leur emploi, l’actionnariat rapace a eu le dernier mot, mais il a du payer le prix fort. 
 
Ce qui fait les Contis si grands c’est, comme l’ont rappelé les intervenants à Amiens, qu’ils ont su construire une unité exemplaire, et internationaliser leur lutte et leur solidarité à l’échelle européenne. Quand les partis politiques, les centrales syndicales, peinent à construire des contre-pouvoirs de dimension européenne, un millier d’ouvriers picards ont réussi à Hanovre une unité d’action avec des milliers de travailleurs allemands et lorrains. Ils sont entrés dans l’histoire les Contis, cela ne faisait aucun doute pour tous ceux qui étaient à Amiens mercredi dernier. C’est ce qui explique aussi, le talent de Xavier Mathieu n’y comptant pas pour rien, le respect de la diversité des intervenants dont beaucoup ailleurs se déchirent. Personne n’a été sifflé ce qui est très rare dans un concert où la gauche la plus sage et la plus extrême se rencontrent.

Une chose très émouvante pour moi qui ai l’âge des luttes de la guerre d’Algérie, de 68, des Lip et du Larzac, c’était la présence d’un viticulteur venu de loin et représentant la Confédération Paysanne. Et en plus il nous a fait chanter !

Un mot aussi sur le contexte de la manifestation. Ce 4 janvier était jugé en appel Xavier Mathieu pour insoumission au prélèvement et au fichage de son ADN. Le parquet avait fait appel après une relaxe prononcée par un tribunal à Compiègne. Cela en dit long sur l’acharnement d’un pouvoir qui porte aussi la responsabilité d’avoir inscrit ce fichage ADN, dans une loi inique, pour l’ensemble des  délits : y compris ceux qui ressortissent des luttes syndicales, politiques et associatives. Des faucheurs volontaires anti OGM sont aussi venus nous le rappeler à Amiens. Pour le pouvoir sarkozyste même l’Abbé Pierre ressortirait aujourd’hui d’un fichage ADN puisque ceux qui luttent pour la défense des sans papiers ou le droit au logement (ce ne sont que des exemples), toutes les populations et minorités que ce pouvoir stigmatise à longueur de J.T., sont exposés à ce fichage.

Film 1 : reportage sur la manifestation


Film 2 : le discours intégral de Xavier Mathieu



Film 3 : Eva Joly et Xavier Mathieu

lundi 9 janvier 2012

Eva JOLY et Alain Lipietz invités à l'Atelier de l'Economie Sociale et Solidaire le 5 janvier 2012

Rectificatif : une erreur dans le titre de cet article et dans le générique des films : il faut lire "Labo de l'ESS" et non pas "Atelier de l'ESS"
Les commentaires et notes sur les autres intervenants ainsi que les références du Labo de l'ESS viendront dans les jours qui viennent. Vous pouvez déjà regarder les films.

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jeudi 16 juin 2011

Trois évènements à ne pas manquer : Jacques Bonnaffé au théâtre du Familistère, Jacques Mahieux Quartet au Favril, et Journée des Moulins à Bohéries

 Pour tous ceux qui ont chanté "frère Jacques" dans leur enfance, cette fin de semaine est carillonnée en Thièrache. Tous les Jacques sont de sortie ! Cela commence vendredi (17 juin) au Théâtre du Familistère où Jacques Bonnaffé prononcera discours, allocutions impromptues, tests acoustiques, hymnes variés en hommage populaire à Jean-Baptiste André Godin. Le lendemain 18 juin à 20h ça jazzera avec Jacques Mahieux et son quartet à la salle des fête du Favril. Le concert est intitulé "Peau d'âmes"...merci pour les ânes ! Enfin le dimanche 19 juin les Moulins feront les Jacques à Bohéries.

Voyez les programmes ci-joints. Précision pour Jacques Bonnaffé : il participera aussi dans l'après midi à l'inauguration du Théâtre du Familistère rénové mais il y a fort risque de saturation à cette heure là. En soirée, le spectacle est gratuit mais le nombre de places est limité, assurez-vous qu'il reste des places disponibles et réservez en appelant le 03 23 61 35 36


Photo Michel Mahieux, colorisation de l'âne vert



lundi 30 mai 2011

Une lettre du peintre Henri Matisse sur la situation ferroviaire au Cateau-Cambrésis qui abrite le Musée Matisse et où la SNCF veut supprimer l'arrêt des trains intercités

Le 25 mai 2011 nous étions nombreux, élus, amis de Matisse, simples citoyens venus du Cambrésis et du Nord de l'Aisne pour entendre Matisse évoquer ses souvenirs ferroviaires dans la ville où il est né et pour faire entendre à la direction de la SNCF que son projet de supprimer l'arrêt au Cateau des trains intercités : "pire qu'une erreur, c'est une faute" comme l'a écrit Matisse dans une lettre posthume et dont vous entendrez la lecture sur ce film.

Ce projet de la SNCF qui procède d'une politique générale de déménagement du territoire (qui se souvient que nous avons eu des Ministres de l'Aménagement du Territoire ?) est caractéristique de la déshérence où est tenu le monde rural et les petites villes et plus particulièrement la desserte ferroviaire sur la ligne Paris-Maubeuge qui fut, il n'y a pas si longtemps, un des grands axes ferroviaires européens (Paris-Berlin-Moscou, Paris-Copenhague, Paris-Bruxelles-Amsterdam). Progressivement, pour "rabattre" sur les trains Thalys, l'offre a été réduite à des Paris-Liège, puis à des Paris-Namur. Aujourd'hui Maubeuge est un "cul de sac" ferroviaire, plus un train de voyageur intercités ne passe une frontière dont on nous avait annoncé la disparition. Bientôt, cela semble même programmé par la SNCF, ce ne sera plus Maubeuge mais Saint-Quentin qui sera tête de ligne pour des dessertes intercités cadencées.
La défense de cet arrêt au Cateau devrait mobiliser au delà du Cambrésis car une ligne de cœur, dont on peut espérer qu'elle devienne un jour prochain une véritable route touristique, unit Le Cateau au nord-est de la Picardie. Matisse en effet est né au Cateau mais il a aussi passé sa jeunesse à Bohain (qui abrite la "Maison Matisse", étudié à Saint-Quentin, habité un temps à Lesquielles-Saint-Germain où il a peint de nombreux tableaux ainsi qu'à Vadencourt&Bohéries. Nous étions trop peu nombreux, les picards, le 25 mai, pour manifester cette solidarité et ce lien de cœur qui nous lie à l'œuvre et à la vie de Matisse. J'espère que si d'autres rendez-vous sont nécessaires dans cette lutte nous ne nous contenterons pas d'une présence symbolique.
J'ai déjà tenté d'alerter sur ces questions dans un précédent billet et j'ai été impressionné par la qualité et la pugnacité de la mobilisation autour du Cateau. Au cours de cette manifestation j'ai pensé bien entendu au problème, si proche quant au contexte général de "déménagement du territoire", de la fermeture du canal de la Sambre à l'Oise depuis plus de cinq ans à hauteur de la Thiérache (ponts canaux non réparés), ce qui a manqué sur ce dossier c'est certainement ce qui a été réussi au Cateau et non advenu en Thiérache, soit la mobilisation de l'ensemble des élus régionaux en soutien aux communes et aux populations riveraines. C'est ce qu'il faudrait sans doute tenter à nouveau de réussir en s'inspirant de l'exemple du Cateau tant il apparaît évident que les espoirs soulevés par le rapport Verdeau apparaissent aujourd'hui obsolètes. Deux années ont passé sans qu'aucune solution soit en vue.
En écoutant la lettre posthume de Matisse au Cateau, j'ai aussi repensé à la lettre que Robert-Louis Stevenson nous a envoyée il y a deux ans où il rappelait son voyage de 1876 sur les canaux et rivières du Nord de la France et son soutien à ceux qui réclamaient la réouverture de ce canal. Ceux qui l'ont pas lue ou l'ont oubliée peuvent la trouver dans les archives de ce blog en cliquant ici.

mardi 10 mai 2011

Danielle Mitterrand le 10 mai 2011 à la manifestation devant l'Assemblée Nationale contre l'exploitation des gaz de schistes


Ma langue a fourché durant le tournage. Ce n'est pas sur mon blog mais sur le compte de l'âne vert sur facebook que j'avais annoncé hier (disons plutôt espéré), la présence de Danielle Mitterrand à la manifestation d'aujourd'hui devant l'Assemblée Nationale. A la vérité je ne savais rien d'autre que son engagement pour le partage solidaire d'une eau de qualité partout sur la planète et particulièrement partout où la marchandisation de l'eau et la folie des grands groupes miniers, chimiques, industriels, prive les plus pauvres de cette ressource de vie

Les commentaires et la suite filmée viendront dans les jours qui viennent....

mardi 3 mai 2011

Fête du 1er mai 2011 au Familistère Godin de Guise : deux moments d'éloquence sur l'obscénité du temps présent... et un moment de grâce

La Boétie et Michel Onfray étaient au programme de l'éloquence de Jean-Pierre Balligand pour un appel à l'insoumission qui résonnait comme un défi à l'obscénité de l'époque. Les comédiens de la Compagnie "Ici même" ont du se réjouir que cet appel vibrant n'ait pas été prononcé devant le public nombreux des festivités de l'après-midi mais devant le public plus restreint de l'inauguration, à une heure où les notables, qui savent "ce que parler veut dire" , sont plus nombreux dans l'assistance que les simples citoyens. En effet leur théâtre de l'invisible qui colle avec tant de pertinence aux oppressions du moment aurait pu les exposer à des malentendus cognitifs. Personnellement, par exemple, j'ai été un moment tenté, hypnotisé que j'étais par le réalisme de leurs arguments,  de taguer la maison modèle dont ils vantaient les mérites et été aussi quelque peu surpris et indigné de la curiosité presque polie avec laquelle le public semblait accueillir leur éloge d'un monde "enfin sans domicile fixe" et voué à un habitat aussi "innovant" qu'étriqué (5 m2 au sol pour un "quatre pièces" pour célibataire nomade !)

Devant les hautes façades du pavillon central du Familistère, une danseuse de la Compagnie Retouramont (direction Fabrice Guillot),dont j'aurais aimé vous dire le nom (introuvable sur les sites du Familistère et de la Cie) tisse les fils de nos rêves d'utopie avec une grâce et une légéreté qui défie les lois de nos pesanteurs :


Si j'en trouve le temps je mettrai un petit film plus développé sur le travail remarquable de la Compagnie "Ici même" lors de ce premier mai 2011.
Pour en savoir plus sur ces deux Compagnies :
http://www.icimeme.info/

http://www.retouramont.com/